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Pourquoi les Classes Préparatoires sont-elles efficaces ?

Localisées dans quelque deux cent quatre-vingts lycées formant un véritable maillage du territoire, le réseau des classes préparatoires accueille plus de soixante-dix mille étudiants, qui seront demain des cadres, ingénieurs, gestionnaires, professeurs, chercheurs, philosophes, écrivains, entrepreneurs, du secteur privé comme de la fonction publique.

 

Leur mission est d'abord d'offrir une large palette de formations généralistes de haut niveau, prenant en compte les derniers développements des disciplines enseignées et la préparation à des démarches de recherche, dans un souci humaniste et scientifique. Les cursus sont organisés en cohérence avec l’enseignement plus spécialisé dispensé au sein des grandes écoles : celles-ci font très régulièrement valoir les atouts spécifiques acquis par les étudiants des classes préparatoires.

 

Le pilotage de ce dispositif est national : c'est un gage de qualité et d'équité. Alors que les programmes des universités ont tendance à se différencier, et plus encore à se particulariser, ceux des classes préparatoires sont nationaux. Ils sont conçus par des commissions réunissant, sous l'autorité de la direction de l'enseignement supérieur, des inspecteurs généraux, des professeurs d'université, de grande école et de classe préparatoire, avant d'être soumis au Conseil supérieur de l'éducation (CSE), au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) et au Conseil national des programmes (CNP). Ce processus assure au réseau des classes préparatoires une réactivité toute particulière : s'appuyant sur une prise en compte effective de la réalité de l'enseignement secondaire, il permet de satisfaire pleinement aux impératifs des grandes écoles et plus généralement des établissements d'enseignement supérieur.

La validation des compétences est réalisée lors de concours nationaux anonymes, qui ont un effet d’entraînement déterminant sur l’ensemble des acteurs de ce dispositif de formation.

 

Les enseignants des classes préparatoires sont des professeurs agrégés, le plus souvent titulaires d'un diplôme de troisième cycle : le doctorat tend à devenir la règle. Parmi les nombreuses voies qui s'offraient à eux, ils ont choisi par vocation celle de l'enseignement à temps plein. Nommés par une commission nationale sur la base de leurs qualités académiques et pédagogiques, régulièrement évalués par l'inspection générale, ils assurent dans leur discipline les cours, les travaux dirigés et pratiques, et une partie des interrogations orales ; la qualité de leur travail, leur forte implication dans l'encadrement des étudiants et leur attachement à la réussite de tous sont largement reconnus et appréciés.

C'est ainsi que selon les enquêtes de la direction de l'évaluation et de la prospective (DEP) réalisées en 2001 et 2004, les étudiants des classes préparatoires expriment à l'égard de leur filière « une très grande satisfaction, qui se maintient, voire se renforce, chez ceux qui y passent deux, voire trois années. [...] Sur la façon dont se déroule le contrôle des connaissances, ainsi que sur le suivi et l'encadrement, cette satisfaction reste partagée par neuf étudiants sur dix : l'écart sur ce dernier point est considérable avec les bacheliers inscrits dans le premier cycle universitaire, qui se plaignent à 63 %» (voir les notes d'information 01-33 et 04-14 du ministère de l'éducation nationale).

Parlant des professeurs de classe préparatoire, Christian Margaria, président de la Conférence des grandes écoles, écrit dans le Monde daté du 12 avril 2005 : « Le goût de l'effort et la capacité de travail acquis par les étudiants de CPGE au contact de ces pédagogues remarquables, alliés à des programmes conçus pour donner un socle important de connaissances scientifiques, sont reconnus par les recruteurs comme garantissant l'absence de lacunes sérieuses et constituant un fondement fiable pour la carrière du futur cadre supérieur. »

 

Conçues, comme leur nom l'indique, pour préparer à une poursuite d'études en grande école, les CPGE apportent plus largement à chaque étudiant, quel que soit son parcours ultérieur, les connaissances et les méthodes indispensables à la réussite de son projet personnel.
Le devenir des étudiants des classes préparatoires est en effet très diversifié. Le plus grand nombre poursuit ses études en grande école (école d'ingénieurs ou de management, école normale supérieure, institut d'études politiques etc.) ; la voie de l'université (licence troisième année ou master) est choisie par une part non négligeable qui y réussit très bien. Une grande partie des étudiants de troisième cycle universitaire, qu'ils soient passés par une école ou par un deuxième cycle, ont ainsi commencé leurs études supérieures par une classe préparatoire.

 

Les classes préparatoires ne sont pas un monde fermé et replié sur lui-même, mais constituent plutôt un vaste établissement organisé en réseau, en connexion avec l'ensemble des composantes de l'enseignement supérieur. Les professeurs participent aux actions de formation continue organisées conjointement avec les grandes écoles ; ils sont en contact régulier avec leurs collègues des écoles ou des universités ; ils contribuent à la formation des candidats aux concours de recrutement des professeurs du second degré ; nombre d'entre eux participent à des travaux de recherche. Ils communiquent entre eux, partagent des expériences pédagogiques, mettent en commun des ressources documentaires, organisent conférences et colloques, participent activement à l'information dans les lycées, avec le souci de favoriser l'orientation vers les classes préparatoires des élèves de toutes origines sociales.

 

De leur côté, les étudiants, depuis l'importante réforme de 1995, sont amenés à travailler avec davantage d'autonomie et sont confrontés à des problématiques parfois ouvertes, nécessitant un investissement important et une approche distincte du cours magistral.

Par exemple, dans les classes scientifiques, au travers des TIPE (travaux d’initiative personnelle encadrés), ils sont conduits à une réflexion approfondie sur un sujet qu'ils choisissent, à des expérimentations, à des simulations informatiques, à une analyse de problèmes pouvant s'appuyer sur la démarche inductive de l'ingénieur. De leur propre initiative, ils rencontrent à cette occasion des interlocuteurs spécialisés, ingénieurs, industriels, chercheurs, enseignants-chercheurs des universités, au sein d’établissements publics ou privés.

 

Ajoutons que les CPGE ne creusent pas, comme on l'entend parfois, les inégalités scolaires, mais tendent bien au contraire à réduire celles qui se sont installées tout au long du parcours scolaire de l'élève, au collège et au lycée. En accompagnant et encadrant comme il se doit les étudiants les plus fragiles socialement, les professeurs des classes préparatoires, qui savent ce que l'école leur a apporté, ont à cœur de remplir la mission de promotion sociale que la Nation leur a confiée.

 

Des conventions avec les universités existent , faisant localement travailler ensemble professeurs d'université et professeurs de classe préparatoire, présidents d'université et proviseurs de lycée. Les étudiants peuvent ainsi profiter de passerelles.

 

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