Prepas.org

Le site de l'UPS pour les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles

22 avril 2017 : la Marche pour les Sciences.



Pour "Promouvoir un meilleur dialogue entre Sciences et société", nous sommes tous concernés. Or, pour établir un dialogue, il faut disposer d'un langage commun, et ce langage s'apprend, ou devrait s'apprendre, à l'École. Si l'école elle-même déroge à la méthode scientifique, si elle fonde ses politiques sur des postulats douteux et ne les remet pas en question en cas d'échec, où donc les citoyens trouveront ils les ressources pour un dialogue fructueux? A l'occasion de cette marche pour les sciences, avec les sociétés savantes SMF, SFP, SIF, les associations de professeurs de physique chimie et mathématiques, UdPPC et APMEP, avec les IREM, et avec l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, l'UPS, dont je suis présidente, nous demandons que soit renforcé l'emploi de méthodes et résultats scientifiques dans le processus de décision politique, et de la part du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, tout particulièrement et très solennellement.
Dans le domaine de l'éducation, les effets des politiques ne sont pas immédiats. Il a fallu une vingtaine d'années pour que le ratage de la réforme du lycée des années 90 dans le domaine de l'enseignement de l'informatique soit sanctionné par les difficultés actuelles dans le domaine du numérique, où l'on peine à former et à recruter alors que nous connaissons un taux de chômage dramatiquement élevé.
Depuis, nous avons eu une nouvelle réforme du lycée, mise en œuvre à la rentrée 2009 en seconde, qui n'a pas corrigé le tir pour l'informatique, et qui a été particulièrement catastrophique pour l'enseignement des sciences en général. Une fois posé le diagnostic que nous ne formions pas assez de scientifiques, il a été décrété que si les bacheliers se détournaient des filières scientifiques, c'est que les math faisaient peur aux jeunes. C'était un postulat. Pour rendre les filières scientifiques attractives, il fallait donc débarrasser l'enseignement des sciences expérimentales de toute trace de mathématiques. Ce qui a été fait. En même temps, les horaires de sciences étaient assez violemment réduits. Les élèves sont déstabilisés et quand ils s'engagent dans le supérieur scientifique, ils sont confrontés à des difficultés encore plus importantes qu'avant, malgré les mesures prises pour faciliter la transition. C'est un échec. Il faut en prendre acte.
On voit tout ce que pourrait faire gagner l'utilisation de méthodes et résultats scientifiques dans le domaine des réformes de l'école: des diagnostics établis sur des bases claires, des analyses objectives des dysfonctionnements, (ces analyses existent, il faut apprendre à les utiliser, je pense aux études PISA et TIMSS qui pointaient l'aggravation des écarts entre élèves de milieu plus ou moins socialement favorisé), on peut imaginer des réformes d'abord expérimentées pour être critiquées et amendées avant d'être appliquées à grande échelle, des évaluations à moyen terme et des ajustements si les objectifs ne sont pas atteints. Bref, tout ce que ce ministère attend de ses chercheurs, il devrait se l'appliquer à lui-même.
Madame ou Monsieur notre futur ministre, vous devrez renforcer la culture scientifique, repenser l'enseignement des sciences au lycée et réécrire les programmes. Les sociétés savantes et les associations de professeurs se mettent à la disposition de l'Institution. Depuis 2013 2014, elles travaillent ensemble à des propositions qui peuvent permettre d'amorcer le dispositif de réécriture et de gagner un temps précieux. C'est un enjeu primordial sur le plan social et c'est essentiel pour continuer à alimenter une recherche scientifique de haut niveau.

La Marche pour les Sciences (March for Science) a été initiée aux États-Unis en réponse au déni des sciences et à la remise en cause de la place du savoir scientifique dans la société américaine. Le mouvement est rapidement devenu mondial.
La Marche a pour but de défendre l’importance primordiale pour la société des méthodes scientifiques basées sur l’analyse rationnelle de faits vérifiables, plutôt que sur des opinions ou des croyances. Elle demande en conséquence que les sciences occupent une place plus importante dans le débat public et soient mieux prises en compte dans le processus de décision politique. Les sciences sont un bien commun crucial pour la démocratie. Elles ne doivent pas être subordonnées aux intérêts de groupes de pressions économiques, politiques ou religieux et la parole des scientifiques doit rester libre.
La Marche pour les Sciences est un grand rendez-vous non partisan entre le public et ses scientifiques autour de quatre thèmes majeurs :
  • Défendre l'indépendance et la liberté des recherches scientifiques publiques
  • Promouvoir un meilleur dialogue entre sciences et société
  • Renforcer la culture scientifique et refondre l’enseignement des sciences
  • Renforcer l'emploi de méthodes et résultats scientifiques dans le processus de décision politique


La Marche publiera un Livre Blanc regroupant des propositions liées à ces quatre objectifs.
L'UPS est invité à contribuer à la section sur l'enseignement des sciences.

Vous retrouverez tous nos soutiens ici

Pour ramener un peu d’esprit des lumières dans la société, marchons pour les sciences le 22 avril, avec les citoyen-ne-s de plus de 37 pays!