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Le site de l'UPS pour les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles

Les propositions des professeurs de CPGE scientifiques à la Mission Mathiot, en charge de la réforme du lycée et du baccalauréat

L'Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS) a été auditionnée le mercredi 29 novembre 2017 dans le cadre de la consultation autour de la réforme du baccalauréat. La nature des questions abordées fait penser que Monsieur Mathiot n'imagine pas une réforme du bac sans réforme du lycée.

  • Réforme du lycée : vers des parcours scientifiques renforcés
  • Monsieur Mathiot est conscient de la dégradation de la formation scientifique au lycée, particulièrement en physique chimie, et des problèmes induits au niveau L1. Il dit souhaiter une spécialisation progressive des élèves avant le baccalauréat pour mieux les préparer à l'enseignement supérieur. À l'issue d'une seconde de détermination et avec "droit à l'erreur" en fin de Première, ceux-ci choisiraient un couple de disciplines majeures, avec, au moins en Terminale, des horaires d'enseignement conséquents et assumés.
    Les langues vivantes, comme l'EPS et la philosophie en Terminale, feraient partie d'un tronc commun (constitué d'unités dites fondamentales).

  • Réforme du baccalauréat: 4 épreuves terminales, mais seulement 2 fin juin
  • Le calendrier des épreuves nationales du baccalauréat serait réduit, avec:
    - fin mars: deux épreuves de spécialité, portant sur les disciplines majeures. Les résultats seraient disponibles pour être utilisés sur la plate-forme Parcoursup.
    - fin juin, deux épreuves universelles: une épreuve écrite de philosophie et un grand oral pluridisciplinaire.


L'oral pluridisciplinaire serait directement articulé avec les deux majeures et la préparation à cette épreuve pourrait démarrer dès le second semestre de Première. Cette préparation, plus intensive en fin d'année de Terminale, permettrait de poursuivre le travail dans les deux majeures après les épreuves de spécialité "terminales" du printemps.

L'UPS salue cette volonté de renforcer la formation scientifique des lycéens et formule le souhait que la qualité de la formation soit l'enjeu majeur de la réforme. Pour les professeurs de classes préparatoires scientifiques, comme pour leurs collègues des formations scientifiques de niveau L1-L2, il faut pouvoir offrir aux lycéens des parcours de formation scientifique solidement structurés, cohérents, comportant un temps de formation scientifique substantiel.

Pour l'UPS, il est essentiel que les disciplines scientifiques puissent interagir entre elles, et pour cela il est indispensable de repenser profondément les programmes scientifiques de première et terminale. L'UPS propose que les contenus disciplinaires soient différenciés selon les parcours choisis. Pour ne prendre que cet exemple, en physique chimie, il conviendrait de différencier un programme pour les parcours scientifiques et un programme de formation du citoyen. En mathématiques, pour permettre un approfondissement suffisant des notions abordées, trois déclinaisons de programmes seraient à imaginer: les mathématiques du citoyen, à côté par exemple de celles des sciences dures et celles des sciences expérimentales.

Concernant l'épreuve dite de "grand oral", l'UPS a fait partager aux membres de la mission Mathiot son expérience des TIPE (travaux d'initiative personnelle encadrés), avec leurs mérites et leurs faiblesses en termes de difficultés d'évaluation. Pour permettre d'évaluer correctement le travail fourni par l'élève et éviter les biais socio-culturels, l'UPS préconise que soient associés à ce grand oral des contenus disciplinaires clairs relevant des majeures choisies par le lycéen. Ce "grand oral" ne devrait d'ailleurs pas être la première confrontation des lycéens avec l'oral. Une telle épreuve ne prend de sens que dans un système scolaire qui habitue les élèves à la pratique de l'oral depuis les petites classes, ce qui n'est malheureusement pas le cas actuellement. Sur ce point précis Monsieur Mathiot dit partager notre analyse, et espère que l'instauration d'un "grand oral" au niveau baccalauréat aura des vertus d'incitation pour tout le système.

L'entretien s'est déroulé dans un excellent climat. Les membres de la mission présents posent des questions très concrètes et très précises. Nous attendons maintenant la parution du rapport et les décisions du ministre, en espérant que le baccalauréat 2021 validera une meilleure formation scientifique initiale pour une meilleure réussite dans le supérieur.