III. SÉRIES, SÉRIES ENTIÈRES, SÉRIES DE FOURIER



L'objectif de cette partie est triple:

- Approfondir l'étude des séries de nombres réels ou complexes: comparaison à une intégrale.

- Étudier les propriétés élémentaires des séries entières et des séries de Fourier.

- Exploiter la représentation des fonctions par des séries entières ou des séries de Fourier pour l'étude de fonctions définies comme solutions d'une équation, en relation avec l'enseignement des autres disciplines scientifiques.

  1. Séries de nombres réels ou complexes
  2. Séries entières
  3. Séries de Fourier
  4. Travaux pratiques


1- Séries de nombres réels ou complexes


Comparaison d'une série de nombres réels positifs à une intégrale: étant donnée une fonction f continue par morceaux sur [0,+¥[ à valeurs réelles positives décroissante, la série de terme général


wn= ó
õ
n

n-1 
f(t) dt-f(n)
est convergente. En particulier la série åf(n) converge si et seulement si f est intégrable sur [0,+¥[.

La relation wn=òn-1n[f(t)-f(n)] dt permet d'encadrer wn; un encadrement analogue peut être obtenu lorsque f est croissante.

Équivalent de n! (formule de Stirling).


2- Séries entières


L'objectif de ce chapitre est double:

- Étudier la convergence d'une série entière et les propriétés de sa somme, grâce au concept fondamental de rayon de convergence.

- Introduire la notion de développement d'une fonction en série de Taylor, notamment pour le développement en série entière des fonctions élémentaires.

En ce qui concerne le développement de t®etz où t est réel et z complexe, il s'agit d'établir que cette fonction, déjà étudiée en première année, est aussi égale à t®exptz, définie à partir de la série exponentielle d'un nombre complexe.

Les coefficients des séries entières considérées dans ce paragraphe sont réels ou complexes.

a) Rayon de convergence d'une série entière

Série entière åanzn d'une variable complexe z associée à une suite (an) de nombres complexes: définition du rayon de convergence R (fini ou non).

L'étude de la série sur le cercle |z|=R est hors programme.

Étant donné un nombre réel r > 0 tel que |an|rn soit borné, alors pour tout nombre complexe z tel que |z| < r, |anzn| est dominé par ([(|z|)/(r)])n.

La série est absolument convergente sur le disque (ouvert) de convergence.

Rayon de convergence de la somme de deux séries entières. Linéarité de la somme.

L'étude du produit de deux séries entières est hors programme.

b) Séries entières d'une variable réelle

Une série entière åantn d'une variable réelle t dont le rayon de convergence R est strictement positif est normalement convergente sur tout segment de l'intervalle de convergence.

Continuité de la somme sur l'intervalle de convergence.

Une primitive sur l'intervalle ]-R,R[ de la somme f de cette série s'obtient en intégrant terme à terme.

Invariance du rayon de convergence d'une série entière par intégration terme à terme, par dérivation terme à terme.

La somme f d'une série entière åantn dont le rayon de convergence R est strictement positif est une fonction de classe C¥ sur ]-R,R[. En outre, pour tout k ³ 1, Dkf s'obtient par dérivation terme à terme.

En particulier, pour tout entier k positif ou nul,


ak= 1
k!
 Dkf(0).

Définition d'une fonction développable en série entière sur un intervalle ]-r,r[, où r > 0.

Définition de la série de Taylor d'une fonction f de classe C¥ sur un intervalle ]-r,r[, où r > 0.

Développement en série de Taylor de etz où z est complexe, de sint, de cost. Développement de ln(1+t), de (1+t)aa est réel.


3- Séries de Fourier


L'objectif de ce chapitre est triple:

- Étudier les coefficients de Fourier d'une fonction f périodique, et notamment leur comportement asymptotique en fonction de la régularité de f.

- Étudier la convergence en moyenne quadratique des sommes partielles Sp(f) de la série de Fourier de f en utilisant la structure d'espace préhilbertien.

- Étudier la convergence ponctuelle des sommes Sp(f): convergence normale, théorème de Dirichlet.

Il convient d'exploiter l'interprétation en termes d'analyse harmonique des signaux périodiques.

Dans ce chapitre, les fonctions considérées sont à valeurs complexes, 2p-périodiques et continues par morceaux sur R. Le cas des fonctions T-périodiques s'y ramène par changement de variable.

a) Coefficients de Fourier

Espace vectoriel des fonctions à valeurs complexes 2p-périodiques continues par morceaux sur R.

Définition d'une fonction 2p-périodique continue par morceaux f à partir d'une fonction g continue par morceaux sur un segment de longueur 2p.

Intégrale sur une période d'une fonction f à valeurs complexes 2p-périodique continue par morceaux sur R.

Définition des coefficients de Fourier d'une telle fonction:


^
f
 
(n)=cn(f)= 1
2p
  ó
õ
p

-p 
f(t) e-\hii nt dt.

Expression des coefficients de Fourier sous forme de cosinus et de sinus.

Coefficients de Fourier de [`f]; cas d'une fonction à valeurs réelles. Coefficients de Fourier de t® f(-t); cas d'une fonction paire, d'une fonction impaire. Effet d'une translation: coefficients de Fourier de t® f(t+a).

Pour tout entier naturel p, définition de la somme partielle:


Sp(f)(x)= p
å
n=-p 
cn(f) e\hii nx.

Lorsque qu'en un point x de R les sommes partielles Sp(f) convergent, la série de Fourier est dite convergente au point x et la somme de la série de Fourier est, par définition, la limite des sommes Sp(f)(x).

L'application F qui à f associe [^f] est linéaire. La suite [^f] est bornée et ||[^f]||¥ £ ||f||1.

Par définition ||f||1=[1/(2p)] ò-pp|f(t)|  dt.

Coefficients de Fourier d'une dérivée: si f est 2p-périodique continue sur R et de classe C1 par morceaux sur R, alors


cn(Df)=in cn(f).

Extension au cas où f est de classe Ck-1 sur R et de classe Ck par morceaux sur R.

b) Convergence en moyenne quadratique.

Dans ce paragraphe, on considère des fonctions 2p-périodiques continues sur R. Il convient d'effectuer une brève extension au cas des fonctions continues par morceaux; les démonstrations concernant cette extension ne sont pas exigibles des étudiants.

Produit scalaire (f,g)®(f|g)=[1/(2p)]ò-pp[`f](t) g(t) dt sur l'espace vectoriel C2p des fonctions 2p-périodiques continues sur R; norme associée f®||f||2.

Les fonctions t® en(t)=e\hii nt, où n parcourt Z, forment une famille orthonormale et, pour tout n, cn(f)=(en|f).

La projection orthogonale d'un élément f de C2p sur le sous-espace vectoriel Pp engendré par les en, où |n| £ p, est la somme partielle Sp(f).

Relation


||f||2=(||Sp(f)||2)2+d (f,Pp)2.

En particulier, l'application qui à tout élément P de Pp associe ||f-P||2 atteint son minimum en un point et un seul, à savoir Sp(f).

Inégalité de Bessel:


p
å
n=-p 
|cn(f)|2 £ (||f||2)2.

En particulier, cn(f) et c-n(f) tendent vers 0.

Convergence en moyenne quadratique: pour tout élément f de C2p, les sommes partielles Sp(f) convergent en moyenne quadratique vers f.

Formule de Parseval: expressions du carré de la norme et du produit scalaire à l'aide des coefficients de Fourier.

c) Convergence ponctuelle

Convergence normale: lorsque f est 2p-périodique continue sur R\ et de classe C1 par morceaux sur R, les sommes ån = pp|(cn(f)| sont majorées.

Dans ces conditions, pour tout nombre réel x, la série de Fourier de f converge en ce point, et sa somme est égale à f(x).

Théorème de Dirichlet: soit f une fonction 2p-périodique de classe C1 par morceaux sur R, alors pour tout nombre réel x, la série de Fourier de f converge en ce point et sa somme est égale à 1/2limh[f(x+h)+f(x-h)] où h tend vers 0, h > 0. En particulier, en tout point x où f est continue, la somme de la série de Fourier de f est égale à f(x).

Travaux pratiques

§ Pour une série de nombres réels positifs, exemples d'encadrement du reste d'une série convergente, des sommes partielles d'une série divergente; exemples de recherche de valeurs approchées de la somme d'une série convergente.

Il convient notamment d'exploiter la comparaison d'une série à une intégrale.

§ Exemples de recherche et d'emploi de développements en série entière ou en série de Fourier de fonctions d'une variable réelle; exemples d'utilisation de tels développements pour l'approximation d'une fonction.

Il convient de mettre en valeur l'emploi de séries entières pour la recherche et l'étude de solutions d'équations différentielles.




File translated from TEX by TTH, version 2.88.
On 31 Mar 2001, 14:49.