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Le site de l'UPS pour les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles

Un plan math? Il faut des initiatives fortes!

Avec tous les acteurs de la CFEM , nous sommes heureux de voir que la Ministre déclenche un plan national pour l'enseignement des mathématiques. Il n'est en effet pas acceptable que 45% des élèves aient des compétences fragiles en mathématiques en fin de collège, surtout quand on sait que ce sont les élèves issus des milieux les plus défavorisés qui présentent les moins bons résultats en maths. Il est très inquiétant de constater en même temps qu'on peine à recruter des professeurs de mathématiques.

Il faudra des initiatives fortes pour redresser la situation. Maintenir le nombre de postes aux concours de recrutement est une bonne chose, mais ce n'est pas suffisant. Actuellement les postes mis au concours ne sont pas tous pourvus, faute de candidats. La « stratégie mathématiques » de la ministre s'intéresse aux étudiants de classes préparatoires, à qui on proposerait des passerelles vers la filière licence-master-agrégation. De tels parcours existent déjà, et une part significative de nos étudiants s'oriente déjà vers les métiers de l'enseignement. Comment la ministre entend-elle faire augmenter ce flux dans un contexte économique où la demande de diplômés en mathématiques est aussi forte et les carrières proposées aussi attractives ? Il nous semble qu'on pourrait inciter davantage de jeunes à s'engager dans les métiers de l'enseignement en salariant des étudiants en échange d'un engagement à servir un certain nombre d'années en tant que professeur de mathématiques une fois diplômés. Une telle mesure aurait le mérite de permettre à des étudiants de se consacrer pleinement à leurs études, sans avoir à faire un travail salarié à côté.

Il reste des inquiétudes. Les mesures proposées pour améliorer la formation initiale des enseignants vont dans le bon sens. Mais pour vraiment progresser, il faudrait aussi un vaste plan de formation continue des enseignants déjà en poste, et nous savons que les moyens du ministère sont en baisse dans ce domaine.

L'usage des technologies du numérique en appui aux apprentissages doit faire l'objet d'une réflexion approfondie. L'usage de tablettes, de calculatrices et d'ordinateurs ne dispense pas de poser la question des contenus à enseigner et sur les objectifs de l'enseignement. L'apprentissage du calcul par exemple, nécessite un entraînement au calcul mental, au calcul approché, au calcul algébrique et au calcul instrumenté. Ces différentes phases de l'apprentissage doivent être soigneusement articulées entre elles. Car ce ne sont pas uniquement les compétences en calcul qui sont touchées. La capacité d'abstraction, les aptitudes au raisonnement et à la résolution de problèmes sont intimement liées à la compréhension et à l'agilité calculatoire.

Enfin, attirer davantage de filles vers les carrières scientifiques est un défi qui nous concerne de très près. Dans les classes préparatoires aux grandes écoles, plus la part des mathématiques est grande dans les enseignements, plus la proportion de filles est faible. C'est d'autant plus regrettable que les mathématiques sont actuellement très porteuses et très valorisantes en termes de carrières et de métiers. Il faut que les jeunes filles sachent qu'elles peuvent s'engager avec confiance dans ces filières, comme elles se sont engagées avec grand succès dans la filière médicale il y aune dizaine d'années, devenant majoritaires dans les amphis de médecine.